Les enlèvements commis par la guérilla de l’Arakan Army se sont multipliés ces dernières semaines dans l’État de l’Arakan, mais c’est la première fois que ce groupe armé enlève des étrangers. La rébellion affronte les militaires birmans pour plus d’autonomie pour l’ethnie arakanaise bouddhiste de la région.

Au total, ce sont cinq travailleurs indiens qui ont été capturés par les rebelles de l’Arakan Army alors qu’ils voyageaient sur un bateau dans le nord de la région. Des Birmans ont également été enlevés, dont un député du parti au pouvoir dans le pays, la Ligue nationale pour la démocratie. La guérilla explique agir en réponse à la pression de l’armée birmane.

Ce lundi, la mort de l’un des Indiens enlevés a été annoncée. Les circonstances de ce décès restent encore floues, car l’Arakan Army déclare ne pas en être responsable, affirmant que l’homme est mort à cause de problèmes de santé. La rébellion ajoute ne pas cibler les Indiens. Les autres travailleurs ont été libérés dans la journée. Le député birman est lui toujours retenu, interrogé pour des raisons de sécurité, a expliqué la guérilla.

Si l’enlèvement d’étrangers par l’Arakan Army est une première, le groupe a capturé plus de quarante soldats et policiers birmans fin octobre. Une intensification des combats alors que les affrontements ont déjà causé la fuite de plus de 60 000 civils, selon une organisation locale.

Dans le même temps, les négociations politiques n’avancent pas. Des représentants des deux camps devaient se rencontrer en octobre, mais le rendez-vous a été reporté à ce mois-ci.

Par Sarah Bakaloglou - Radio France Internationale - 4 novembre 2019