L’opposant en exil Sam Rainsy, ennemi juré du Premier ministre cambodgien Hun Sen, a essuyé jeudi un refus d’embarquer à Paris sur un vol à destination de la Thaïlande où il comptait entamer son retour au Cambodge.

Bloqué à Roissy

« Je suis extrêmement choqué car les gens ont besoin de moi au Cambodge », a déclaré l’opposant franco-cambodgien à la presse peu après qu’un agent, au comptoir de la compagnie Thai Airways, lui eut signalé le refus d’embarquer sur un vol qui devait quitter l’aéroport de Roissy, au nord de Paris, à destination de Bangkok.

Sam Rainsy comptait rejoindre en Thaïlande des migrants cambodgiens installés dans le pays afin de traverser avec eux la frontière pour faire un retour remarqué dans son pays natal.

Mais les autorités thaïlandaises avaient indiqué mercredi qu’elles lui refuseraient l’entrée sur leur territoire.Opposant historique, Sam Rainsy vit en exil en France depuis 2015, se disant victime de procès politiques dans son pays, où il risque jusqu’à 30 ans de prison.

« Je n’abandonnerai jamais »

Un de ses principaux soutiens, l’opposante cambodgienne Mu Sochua a été arrêtée en Malaisie alors qu’elle tentait de revenir dans son pays pour soutenir le grand retour de Sam Rainsy.« Je n’abandonnerai jamais », a affirmé l’opposant cambodgien en remontant dans un taxi s’éloignant de l’aéroport. Il a ajouté qu’il allait chercher « un autre plan d’avion pour pouvoir partir aujourd’hui (jeudi) en Thaïlande » et être à temps au Cambodge le 9 novembre, le jour de la Fête nationale, comme il l’avait promis.« Les jours de Hun Sen sont comptés. La démocratie va être établie dans les plus brefs délais, c’est notre détermination, c’est notre conviction », a assuré Sam Rainsy aux journalistes présents à l’aéroport.Une trentaine de supporters l’attendait dans le hall de l’aérogare, dont une poignée de moines bouddhistes avec une banderole souhaitant le retour de « Monsieur Rainsy dans la mère patrie », ainsi qu’un drapeau français et un drapeau cambodgien côte à côte.

Ouest France avec Agence France Presse - 7 novembre 2019