C'est pour avoir diffusé des "pensées hostiles" à l'Etat sur son compte Facebook que Nguyen Nang Tinh, enseignant quadragénaire dans un collège, a été arrêté dans la province de Nghe An, au centre du pays, en mai dernier. Après un procès expéditif, la justice l'a condamné à 11 ans d'emprisonnement.

L'homme avait également publié en 2016, sur les réseaux sociaux, un article sur une entreprise sidérurgique taïwanaise à l'origine d'un déversement toxique qui a tué en masse des poissons au centre du Vietnam.

Son avocat, Nguyen Van Mieng, juge la peine "trop sévère" à l'AFP. Selon lui, les procureurs ne disposaient pas de suffisamment de preuves pour relier le profil Facebook incriminé à son client. Pour le père de l’accusé, le procès est "ridicule". Son fils n’aurait fait qu'"élever la voix contre l'injustice". Durcissement du régime

Le régime communiste, à parti unique, multiplie les arrestations et condamnations depuis l'arrivée au pouvoir en 2016 d'un nouvel exécutif conservateur. Il ne cesse de durcir sa répression contre ses opposants. Au total, ce ne sont pas moins de 128 prisonniers politiques qui sont actuellement retenus en centre de détention, selon l’ONG Amnesty International.

Dans ce pays où aucun média est indépendant, le projet de loi voté en 2018 sur la cybersécurité diminue la liberté d’expression. Les plateformes web doivent retirer sous 24 heures les propos et commentaires considérés par le régime comme une menace à la "sécurité nationale". Toutes les données et informations personnelles des utilisateurs doivent obligatoirement être conservées par les sites, au cas où les autorités auraient besoin d’y accéder.

Par Lilas Fournier - RTL.fr avec Agence France Presse - 18 novembre 2019