Les autorités cambodgiennes ont décidé d'interdire dans le célèbre site d'Angkor les balades à dos d'éléphants, jugées cruelles par les associations de défense des animaux.

Une utilisation qui n'est "plus appropriée"

Ces promenades ne seront plus autorisées dans le parc archéologique à partir de "début 2020", a indiqué à l'AFP Long Kosal, porte-parole de l'autorité de gestion du site. "L'utilisation des éléphants à des fins commerciales n'est plus appropriée", a-t-il ajouté, relevant que certains animaux étaient "déjà vieux". Cinq des quatorze pachydermes employés sur le site ont déjà été transférés dans une forêt à une quarantaine de kilomètres.

Un dressage très brutal

Les promenades à dos d'éléphants sont proposées aux touristes au Cambodge, Vietnam, Laos ou encore en Thaïlande. Cette pratique est dénoncée par les associations de défense des animaux qui pointent du doigt le dressage, parfois très brutal, des éléphants en bas âge et leur charge de travail. En 2016, l'un d'entre eux est mort après avoir transporté des touristes autour du complexe du temple d'Angkor Wat par temps extrêmement chaud. L'animal travaillait depuis environ 45 minutes quand il s'est effondré.

"Nous avons constaté que 77% d'entre eux sont maintenus dans des conditions effroyables"

Comme l'expliquait Sciences et Avenir dans un précédent article, ces animaux sont régulièrement utilisés en Asie pour transporter des touristes et selon l'ONG World Animal Protection, ce marché progresse. "Monter sur un éléphant est l'une des activités touristiques les plus populaires en Asie. Notre rapport accablant, publié le 7 juillet 2017, révèle que plus des trois quarts des quelque 3.000 éléphants utilisés pour le divertissement touristique en Asie sont maintenus dans des conditions extrêmement cruelles", rapportait-elle après avoir mené une enquête en Thaïlande, au Sri Lanka, au Népal, en Inde, au Laos et au Cambodge.

"Nous avons constaté que 77% d'entre eux sont maintenus dans des conditions effroyables" ajoute l'ONG. Quand ils ne sont pas utilisés lors de randonnées ou de spectacle, ces animaux sont généralement retenus avec des chaînes de moins de trois mètres. Ils sont mal nourris et ne reçoivent quasiment jamais de soins vétérinaires. "Il existe un besoin urgent d'éducation des touristes et de réglementation des attractions touristiques de la faune dans le monde entier", s'inquiète le Dr Jan Schmidt-Burbach, travaillant pour l'ONG.

Sciences et Avenir avec Agence France Presse - 25 novembre 2019