Et c’est finalement le nombre de trois millions que la Commission électorale évoque désormais : trois millions d’électeurs supplémentaires auront le droit d’aller aux urnes l’année prochaine pour s’exprimer lors des élections générales prévues fin 2020, très probablement en novembre. En 2020, ce seront 37 millions de Birmans qui pourront voter, a déclaré U Myint Naing, le porte-parole de la Commission électorale. Lors du scrutin de novembre 2015, ils n’étaient que 34 millions. Et encore, note U Myint Naing, les listes électorales de certains districts du pays n’ont pas pu être mises à jour car les représentants de la Commission n’ont pas pu s’y rendre, comme la zone auto-administrée par les forces Wa, ou d’autres régions ou les conflits sont violents entre armée régulière et combattants rebelles.

« D’après les listes électorales établies cette année, la Birmanie compte 17,5 millions d’hommes et 19,5 millions de femmes susceptibles de voter. Et pour le scrutin de 2020, nous allons mettre en place des moyens spécifiques pour que les citoyens vivant à l’étranger puissent voter facilement », une mesure importante puisque environ deux millions de Birmans sont dans cette situation d’expatriation, presque toujours économique. Le porte-parole a aussi fait savoir que la Commission maintenait son amendement sur l’implantation des bureaux de votes hors des casernes et cantonnements, « afin que la transparence du scrutin concerne aussi les soldats ». En 2015, les militaires avaient dû voter sous le contrôle de leur hiérarchie dans les quelque 890 bureaux de votes installés dans les casernes. Enfin, la Commission veut aussi que soit passé l’amendement sur la durée minimum d’installation en un district avant d’y pouvoir voter. Elle est de 6 mois actuellement, et la Commission veut la ramener à 90 jours, au grand dam des partis ethniques qui y voient une manœuvre électorale politique de la Ligue nationale pour la Démocratie au pouvoir pour noyer le vote ethnique dans des populations exogènes. Ce que nie la Commission, qui rappelle son statut d’indépendance et justifie ce changement par le grand nombre de déplacés que connaît le pays du fait des diverses guerres civiles qu’il subit.

Dernier point notable, le plafond de frais de campagne n’est pas modifié et restera fixé à 10 millions de kyats (environ 6 000 euros) pour tous les les candidats, sauf certains cas particuliers en zones ethniques nécessitant de plus amples dépenses du fait de la taille de la circonscription. A ce jour, il existe 96 partis officiellement reconnus dans le pays, dont trois sont actuellement suspendus, trois en cours d’examen pour leur reconnaissance et deux en cours d’examen pour leur enregistrement. La liste des partis autorisés à présenter des candidats aux élections générales de 2020 sera close au 31 décembre. Tous ces partis ne comptent pas solliciter les électeurs dans toutes les circonscriptions et pour tous les types de mandats ; la plupart sont des partis locaux qui veulent plutôt jouer sur la vie politique locale, seule une vingtaine a de réels espoirs d’impact national. D’après U Myint Naing, le coût total des élections générales de 2020 devrait se monter à environ 50 milliards de kyats, pas loin de 30 millions d’euros.

Lepetitjournal.com - 1er décembre 2019