Le tribunal municipal de Phnom Penh a déclaré lundi 2 décembre que Kem Sokha, le président du parti d’opposition CNRP dissous en novembre 2017, devra être jugé pour trahison et conspiration avec des puissances étrangères en vue de renverser le gouvernement. L’assignation à résidence de Kem Sokha a pris fin le 10 novembre dernier.

« Le juge d’instruction a trouvé des preuves adéquates contre l’accusé Kem Sokha pour trahison et a décidé le 2 décembre 2019 d’organiser un procès », a indiqué le tribunal dans un communiqué de presse. La date d’ouverture du procès n’a pas été communiquée.

Le 19 novembre, les avocats de Kem Sokha avaient demandé à la justice cambodgienne d’abandonner les poursuites judiciaires à l’encontre de Kem Sokha et de lui permettre de reprendre ses fonctions en tant que président du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP). Selon eux, une vidéo tournée en 2013 dans laquelle Kem Sokha évoque l’aide d’experts américains afin de prendre le pouvoir démocratiquement n’est pas une preuve suffisante.

Interrogé par Radio Free Asia l’analyste Kim Sok, actuellement en exil en Finlande, a soutenu que le tribunal jugera Kem Sokha coupable, puis le premier ministre Hun Sen demandera au roi Norodom Sihamoni d’accorder une grâce royale à Kem Sokha afin de répondre aux critiques des pays occidentaux.

Kem Sokha a été arrêté dans la nuit du 2 au 3 septembre 2017, deux mois avant la dissolution du CNRP, puis placé en détention. Un an plus tard, il était placé assigné à résidence à son domicile de Phnom Penh, avec l’interdiction de quitter une zone strictement délimitée.

L’assouplissement des conditions de détention de l’opposant cambodgien a eu lieu alors que l’Union européenne franchissait un nouveau cap en vue de la suspension de l’accord Tout sauf les armes, qui permet au Cambodge d’exporter en direction du marché européen sans payer de droits de douane.

Par Pierre Motin - Lepetitjournal.com - 3 décembre 2019