...– le récent scandale lié à l’affaire « Victoria » illustrant parfaitement cette tendance – la Conseillère d’état Daw Aung San Suu Kyi s’est permise un recadrage des forces de l’ordre lors d’une rencontre avec des officiers supérieurs de la police au quartier général du ministère de l’Intérieur, à Nay Pyi Taw.

« Faire un usage excessif de la force dans le cadre de sa fonction de maintien de l’ordre est une violation des droits humains des personnes », a-t-elle affirmé à l’assistance, insistant ensuite sur « le rôle crucial que joue la police dans la protection de la population, un rôle dont tous les policiers devraient être fiers ». Et Daw Aung San Suu Kyi d’enfoncer le clou devant le parterre d’officiers de haut-rang en leur rappelant que « dans les pays développés et stables du monde entier, la population fait confiance à ses policiers et n’en a pas peur ». Laissant enfin entendre que les problèmes actuels de recrutement auxquels font face les forces de l’ordre sont en partie le fruit du rejet de sa police par la population.

Officiellement, la police de Birmanie compte environ 80 000 hommes, soit environ 150 policiers pour 100 000 habitants, alors que la norme internationale des pays développés se situe dans un rapport autour de 350 policiers pour 100 000 habitants, avec toutefois une très forte disparité.

Les officiers supérieurs ont insisté auprès de la Conseillère d’état sur les difficultés que ces sous-effectifs leur créées pour remplir correctement leurs tâches, mettant en outre en avant les conflits dans l’état d’Arakan qui monopolisent un nombre important d’hommes, au détriment de la sécurité du reste de la population, selon eux.

Daw Aung San Suu Kyi leur a répondu que « le gouvernement comprenait parfaitement et reconnaissait la difficulté du travail de la police, et qu’il essayait de trouver des solutions pour améliorer tout cela ». Mais a-t-elle répété, « le rôle d’exemple des officiers est extrêmement important, et que tant par leur attitude que par leur discours, les hauts gradés doivent rappeler à leurs subordonnés le rôle de la police, à savoir avant tout protéger et rassurer la population ». « Les gens ont besoin de faire confiance à leur police », a-t-elle conclu.

Lepetitjournal.com - 6 janvier 2020