L’ONG Sahmakum Teang Tnaut (STT) a publié le 27 décembre dernier un rapport portant sur la destruction des lacs de Phnom Penh. D’après l’ONG, aucun plan d’eau n’est intact dans la capitale.

Le rapport publié par STT, intitulé « Les derniers lacs », indique que 60% des lacs de Phnom Penh ont complètement été asséchés pour laisser place à des projets de développement urbain, tandis que 40% des terres marécageuses de la capitale ont été asséchées. Or, d’après STT, ces marais et plans d’eau recueillant une grande quantité d’eau lors de la saison des pluies, leur assèchement augmente les risques d’inondations dans la capitale. Si rien ne change, la ville et ses alentours vont notamment subir de graves inondations, une diminution de la biodiversité et la perte de moyens de subsistance pour les populations locales, avertissent les auteurs de cette étude.

Depuis 2003, les développeurs de quartiers périphériques et de boreys, des quartiers résidentiels fermés, ont ensablé les lacs et marécages de Phnom Penh, soutiennent les auteurs du rapport. Sur les 26 lacs qui existaient à à Phnom Penh dans les années 90, 16 ont totalement été asséchés, et 10 l’ont été partiellement. Aucun lac étudié dans les années 90 n’est aujourd’hui intact. En l’état actuel, seul les lacs de Boeung Samrong et Tamok conservent plus de 50% de leur surface initiale.

L’ONG souligne que des milliers de familles ont été victimes d’expulsions liées à l’assèchement de ces lacs, notamment lors de l’assèchement du lac de Boeung Kek, et que les projets de développement initiés sur les lacs asséchés ne bénéficient pas aux populations les plus défavorisées.

STT appelle le gouvernement cambodgien à protéger les lacs et marécages restants, comme les lacs de Boeung Tamok, Boeung Tumpoun et les terres marécageuses de Choeung Ek. L’ONG recommande notamment aux autorités cambodgiennes de rendre publiques les propriétés publiques d’Etat ainsi que les études d’impact environnemental réalisés lors de l’assèchement des lacs. L’ONG appelle en outre le gouvernement cambodgien à mettre en place des règles strictes de protection de l'environnement, la loi actuelle sur les terres étant insuffisante en la matière.

Par Pierre Motin - Lepetitjournal.com - 8 janvier 2020