Une espèce décimée par les pêcheurs qui utilisent des batteries qui provoquent des chocs électriques dans le fleuve.

Sur le fleuve Irrawaddy, en Birmanie, les dauphins sont menacés d'extinction. La principale coupable : la pêche électrique. Douze dauphins sont morts en deux ans, selon les autorités. Les pêcheurs provoquent des chocs électriques dans le fleuve grâce à des batteries. Les poissons meurent et sont ensuite récupérés. C’est donc plus efficace pour les pêcheurs, sauf que les dauphins sont aussi parfois victimes de ces ondes de choc.

Les menaces viennent aussi des filets, qui sont souvent plus longs que la longueur autorisée. Conséquence : les cétacés peuvent se coincer dedans. Troisième cause : la pollution de l’eau. Des usines sont présentes sur les bords du fleuve, des engrais chimiques sont aussi utilisés sur les rives pour l’agriculture. Autant de facteurs qui mettent en danger les dauphins de l’Irrawaddy.

La pêche coopérative avec les dauphins

Alors le gouvernement et les associations tentent de protéger ces animaux, car c’est toute une tradition qui est aussi menacée. La tradition de la pêche coopérative existe entre les humains et les dauphins : "Quand le dauphin entend mon cri, il va chercher le poisson et il agite sa queue quand il l’a trouvé, c’est un vrai travail d’équipe !", explique Maung lai qui la pratique depuis des années.

On pratique cette pêche coopérative depuis des générations, et j’espère que cela va perdurer. Je pense que les dauphins apprécient la relation qu’ils ont avec les humains. - Maung lai à franceinfo

Un spectacle assez unique à voir, mais selon ce Birman, la relation avec les dauphins a bien changé ces dernières années. Les animaux sont plus craintifs à cause de la pêche électrique. Résultat : il y a donc beaucoup moins de poissons qu’avant dans les filets, ce qui veut dire moins d’argent à la fin du mois, ce qui pousse certains pêcheurs à pratiquer à leur tour la pêche électrique.

Pour que la tradition de la pêche coopérative dure, une aire protégée a été créée par le gouvernement. L'écotourisme s’est aussi développé afin de convaincre les jeunes générations qu’il est possible d’en tirer un revenu en montrant cette tradition aux visiteurs du monde entier. Mais ce que les habitants et les associations espèrent surtout, c’est que le gouvernement soit plus sévère : pour l’instant, la pêche électrique est illégale et punie par la loi de trois ans de prison maximum, mais dans les faits, les contrôles restent rares, et la sentence bien plus légère.

Par Sarah Bakaloglou - Franceinfo / Radio France - 14 janvier 2020