Qui aurait pu imaginer que le Cambodia Urban Art générerait un tel engouement au Cambodge ? Souvent représenté par les graffitis et le hip-hop, l'art urbain n’apparaissait pas comme une évidence au Cambodge. C’était sans compter sur la détermination d'artistes français dont Laetitia Troussel et Chifumi qui ont cru dans ce projet et l’ont porté, entraînant avec eux des artistes cambodgiens et étrangers. « Plus on peint, plus on fait peindre, plus on entraîne les jeunes à peindre, plus on éduque les regards et meilleur est l’accueil reçu, indique Laetitia Troussel. Jamais une fresque n’a été vandalisée ». L’interaction avec le public est très importante pour l’organisatrice qui demande à chaque artiste invité d’animer un atelier.

Laetitia définit l'art urbain comme « une manifestation artistique gratuite dans l’espace public ». Cette approche permet un festival très vivant durant lequel viendront s’ajouter aux ateliers de peinture murale du vidéo mapping, du cinéma en plein air, des performances surprises de cirque, du skateboard et de la danse. Rien n’est imposé aux artistes invités mais ils reçoivent chacun un dossier leur présentant l’esthétique et les motifs principaux de la culture khmère pour leur permettre de s’en imprégner. « La thématique de cette année est la ville, ses chantiers, l’urbanisme, peut-être que ce n’est pas ce qui ressortira des réalisations mais parmi les artistes présents il y un architecte, un photographe et une musicienne qui vont travailler sur une pièce à six mains présentée jeudi 23 janvier à la Meta House. On y retrouvera des vues architecturales de Phnom Penh de l’époque de Van Molyvann, de l’époque de la nouvelle architecture khmère et d’aujourd’hui associées à des enregistrements sonores de la vie de tous les jours », annonce l’organisatrice.

Les festivités débuteront le 21 janvier à la galerie Sra’Art avec une session de live painting et de vente directe d’œuvres réalisées le jour même par les artistes du festival. Outre les danseuses de New Cambodia Artists, la Futures Factory accueillera aussi des ateliers les 24 et 25 janvier. De nombreuses actions auront lieu partout en ville. Même les écoles participeront. Le lycée René Descartes reçoit une artiste française qui réalisera une fresque avec les élèves, l’International School of Phnom Penh sortira de ses murs pour aller peindre dans la rue et les élèves d’Enfants d’Asie accueilleront un artiste Danois pour la réalisation de plusieurs fresques dans l’enceinte du foyer. A l’occasion de leur résidence dans la capitale, les élèves de l’école de cirque Phare de Battambang proposeront des performances dans les rue de Phnom Penh. Invité par l’Alliance française, le festival prendra fin à Siem Reap où seront réalisées des performances déambulatoires, des fresques éphémères à la craie ou encore des peintures éparpillées dans la ville.

Le programme complet est à retrouver sur la page Facebook de Cambodia Urban Art.

Par Virginie Vallée - Lepetitjournal.com - 16 janvier 2020