Avec l'appui des Etats membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), du Canada et des Pays-Bas, la Gambie a saisi la justice internationale en novembre dernier pour violation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée en 1948.

La décision attendue jeudi ne concerne que la demande de mesures d'urgence, et ne présage pas de la décision finale de la Cour alors que la procédure pourrait s'étendre sur plusieurs années.

Des audiences ont été menées pendant trois jours en décembre, durant lesquelles la dirigeante birmane Aung San Suu Ki a rejeté toute intention génocidaire à l'encontre des Rohingya. La Gambie a demandé notamment l'arrêt immédiat des violences et a appelé les juges à ordonner à la Birmanie d'autoriser des experts de l'Onu à enquêter sur place sur les crimes présumés commis contre la minorité musulmane.

Plus de 730.000 Rohingya ont fui la Birmanie suite à une répression militaire en 2017 et ont trouvé refuge au Bangladesh. Des enquêteurs de l'Onu ont déclaré que la campagne de l'armée birmane a été menée avec des "intentions génocidaires". Les décisions de la CIJ ne peuvent faire l'objet d'aucun recours et sont théoriquement contraignantes, mais la cour n'a aucun moyen véritable pour les faire respecter.

Par Stephanie van den Berg - Reuters - 23 janvier 2020