La crainte se fait pourtant sentir au Cambodge où les ventes de masques de protection s’envolent.

Les allées de souvenirs au marché de Siem Reap, porte d’entrée vers les temples d’Angkor, sont calmes en ce début février. Certains commerçants parlent d’une baisse de fréquentation de 30% en janvier. Roger et sa femme Paula, deux touristes anglais, sont pourtant venus faire quelques emplettes. Si l’épidémie s’était déclarée avant leur départ, ils assurent qu’ils seraient tout de même venus au Cambodge. « Si nous avions prévu de voyager près de la zone où l’épidémie a commencé, en Chine, nous aurions sans doute annulé, reconnaît Roger. Mais pas ici, non, le risque est vraiment trop limité. »

Si Roger et Paula ne sont pas trop inquiets, les acteurs du secteur, eux, font la moue. Comme Veasna, gérante d’une petite agence de voyage. « Nous avions déjà des difficultés avant l’annonce du virus. Nous espérions nous rattraper en janvier, février et mars mais là… Nous perdons espoir. Les clients annulent. »

Florian Bohême est consultant en stratégie hôtelière et touristique à Siem Reap. Il confirme des centaines d’annulations ces derniers jours dans certains établissements. Alors que Siem Reap accuse déjà depuis un an une baisse du tourisme chinois comme occidental, le coronavirus pourrait mettre encore plus en difficulté l’industrie. « Si on compare avec ce qu'il s'est passé avec le SRAS en 2003, l'économie du tourisme sur la zone Asie a mis 14 mois à s'en remettre. Et aujourd'hui, l'inquiétude des hôteliers locaux sur Siem Reap, c'est que cette crise sanitaire, accompagnée d'une baisse générale du tourisme, fasse qu'en effet ce soit difficile pour un certain nombre d'opérateurs hôteliers. »

Le Cambodge n’a pour l’instant enregistré officiellement qu’un seul cas de coronavirus. Si l’OMS a déclaré l’urgence sanitaire internationale, elle n’a pas recommandé d’éviter les déplacements dans la zone du Sud-Est asiatique.

Par Juliette Buchez - Radio France Internationale - 3 février 2020