Makha Bucha (ou Wan-makha-bootcha), vient du mot hindou "Magha" et du mot sanskrit "booja" signifiant célébration du culte. Il est célébré tous les ans en hommage à l'enseignement du Bouddha, le jour de la pleine lune du 3e mois lunaire.

Dans l’histoire légendaire de la vie du Bouddha, neuf mois après son illumination, 1.250 disciples vinrent lui rendre hommage la nuit de la pleine lune au jardin Véluwan, sans se concerter au préalable. Le Bouddha leur enseigna l’Ovat Patimok, résumant la philosophie du bouddhisme en trois principes : faire le bien, éviter le Mal et garder la pureté de l’âme.

Les bouddhistes observent donc chaque année le jour de Makha Bucha un certain nombre de règles, à commencer par aller au temple. Le matin ils font Tak Baat, c’est-à-dire qu’ils apportent des offrandes de nourriture aux moines. Les fidèles observent généralement Tak Baat au quotidien tout au long de l’année devant leur propre foyer ou au marché lorsque les moines viennent quémander leur nourriture. Mais pour les fêtes bouddhiques et pendant la saison des pluies, ils se déplacent au temple.

Processions lumineuses, temples et pleine lune

Durant la journée de Makha Bucha, ils participent aux activités du temple, font des donations, écoutent les sermons des moines, et bien entendu font Tham Boun (faire le bien pour acquérir des mérites dans le cycle des réincarnations) : ce jour-là, beaucoup d'oiseaux vendus dans des cages retrouvent par exemple la liberté.

A la tombée de la nuit, vient le moment de se joindre aux processions lumineuses autour des temples sous la pleine lune dans un rituel nommé Vien Tien. Les fidèles font trois fois le tour du bot du temple en tenant une bougie, trois bâtons d'encens et des fleurs : un tour en l’honneur du Bouddha, un deuxième pour son enseignement, et un dernier pour ses disciples. Après le troisième tour, chacun dépose la bougie devant le sanctuaire.

Bien sûr, il ne faudra pas oublier de faire Lab Sin tout au long de cette journée, c’est-à-dire observer les 5 préceptes de base. Il s’agit, dans l’ordre, de ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper - son ou sa conjoint(e) -, ne pas mentir, ne pas boire d’alcool. Tout un programme !

Les habitués de l’apéro risquent donc d’être déçus puisqu’en principe l’alcool est généralement interdit à la vente les jours de fêtes bouddhiques - même s'il est toujours possible de trouver des établissement qui dérogent à la règle, notamment dans les quartiers d'expats et touristiques.

Makha Bucha tombe le 8 février cette année, mais ce n’était pas le cas l’an dernier et ce sera encore différent l’an prochain. Cela vient du fait que la plupart des fêtes bouddhiques suivent le rythme des lunaisons : les jours fériés leur correspondant sont donc décalés tous les ans par rapport au calendrier solaire. A noter que le 8 février tombant un samedi, ce jour ferié sera rattrapé le lundi suivant: le 10 sera donc un jour chômé.

Lepetitjournal.com - 4 février 2020