Quelques semaines après la disparition des sacs en plastique à usage unique des magasins depuis le 1er janvier, les Thaïlandais s’habituent à faire leurs courses autrement, avec un mélange d’inventivité et d’improvisation.

Les réseaux sociaux ont été inondés de photos des solutions adoptées à travers le pays, du seau au sac pour le linge, en passant par la brouette. Certains ont même utilisé le tee-shirt qu’ils portaient. “Si je ne fais pas attention et que j’achète trop de choses, je suis obligée de les laisser à la caisse”, déclare une comptable de 31 ans.

La Thaïlande veut faire disparaître la majorité des produits plastiques à usage unique, dont les verres et les pailles, d’ici 2025. Plus de 24 000 épiceries, supermarchés et pharmacies ont fait un premier pas en arrêtant de distribuer des sacs en plastique à la caisse depuis le 1er janvier.

Les chaînes de télévision ont également décidé de couper ou flouter les images montrant des sacs en plastique, dont l’omniprésence était une caractéristique de la vie moderne dans le royaume.

Indignation publique

Avant la campagne antiplastique, un habitant de Bangkok utilisait en moyenne huit de ces sacs par jour. Mais l’indignation publique suscitée par la démonstration que les sacs en plastique tuaient des animaux marins comme les baleines et les dugongs a poussé le gouvernement et les commerçants à prendre des mesures.

Cette campagne a également accru la demande de livraisons à domicile, car certaines personnes ne veulent pas se déplacer avec une montagne de sacs réutilisables. “Il va y avoir une bascule vers des services permettant aux acheteurs de ne pas transporter leurs achats chez eux eux-mêmes”, prévoit Kenichi Shimomura, chef de projet au cabinet de conseil Roland Berger.

Beaucoup de magasins mettent bien en évidence dans leurs rayons des sacs-poubelles, sur lesquels les acheteurs se rabattent souvent. Selon un représentant de TPBI Thai Plastic Bags Industries, fabri...,

L’interdiction des sacs en plastique continue néanmoins à susciter des inquiétudes. Certains commerçants craignent que les gens achètent moins de choses. Les industriels du plastique y sont opposés et demandent au gouvernement de les aider à investir dans des procédés de recyclage.

D’autres pays d’Asie se sont attelés à la tâche de réduire l’utilisation de plastique. Le Japon, par exemple, va rendre les sacs en plastique proposés aux caisses payants à partir de juillet prochain.

Courrier International / Nikkei Asian Review - 7 février 2020